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Radio

Par Thierry Aoudja01 décembre 2009publié à 12:16 dans se divertir

Chaud biz

La radio, ce tam tam tribal comme se plaisait à la définir Marshal Mac Luhan, provoque depuis toujours en nous un sentiment d'immersion profonde ; de la propagande politique (du siècle dernier) à l'immortel bulletin météo, du courrier du cœur (Allô Macha) au célèbre canular d'Orson Welles, la radio envoute, touche les gens dans leur intimité la plus profonde, crée une relation « one to one » entre le speaker-gourou et l'auditeur : écouter la radio est d'abord une expérience privée.

D'après la définition de Mc Luhan, la radio est le média chaud par excellence, c'est-à-dire qu'elle ne s'adresse qu'à un seul de nos sens, en « haute définition » (1), touchant ainsi aux plus hautes sphères subliminales de notre être (ego). Et le passage au tout numérique ne changera rien à cela ; au contraire il ne fera qu'améliorer la (très haute) qualité de diffusion du message et par là même son degré d'envoutement.

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Flickr, QuintanaRoo

Prévue dès 2010, la montée en puissance des webradios (on en dénombre déjà aujourd'hui entre 50 et 70 000 dans le monde) pourrait modifier la donne. En effet, les investisseurs devraient tenir compte de ce facteur (la magie du « one to one ») s'ils ne souhaitent pas voir ce « support » perdre irrémédiablement cette chaleur relationnelle, ce potentiel d'envoutement qui en fait (encore) le média préféré du public. L'intégration de l'image (désormais permise) la déposséderait, si je puis dire, de son pouvoir magique, la transformant alors en « vulgaire » média froid.

(1) Selon Mc Luhan, les médias chaud ne laissent à leur audience que peu de « blanc » à remplir, et par conséquent découragent toute participation. A l'inverse, les médias froids, touchant plusieurs sens à la fois, encouragent la participation du public dans un espace ouvert, ; Internet étant aujourd'hui le modèle absolu du média froid.

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Par Thierry Aoudja13 septembre 2009publié à 15:45 dans se divertir

Quand l'usage fait loi

Il ne serait pas inutile de mettre face à face le sempiternel (voire passéiste) débat sur le téléchargement illégal et l'émergence d'un nouvel usage d'écoute de musique en ligne particulièrement développé chez « nos jeunes » : à savoir, le streaming (1) — dont Deezer est le plus célèbre représentant français.

En d'autres termes, à quoi sert de télécharger (ou pire d'acheter) un morceau quand on peut l'écouter en direct, GRATUITEMENT, quand on veut, et surtout — depuis que l'ordinateur est devenu mobile — où l'on veut... ? Et tout ça, le plus légalement du monde ?!

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Flickr, Gaboun

Décidément, le « besoin » de télécharger (légalement ou illégalement) n'a déjà plus de raison d'être ; et l'arrivée de la radio numérique (prévue fin 2009) risque de mettre tout le monde d'accord.

L'usage (la mode) du téléchargement illégal disparaitra ainsi naturellement...

(1) streaming ou "écoute en ligne", terme plus officiel .

Par Thierry Aoudja13 février 2009publié à 08:28 dans se divertir

Radio libre

Initialement programmée fin 2008, l'arrivée de la radio numérique — enrichie de nouvelles fonctionnalités multimédias (voire interactives ?) — devrait bientôt, dit-on, révolutionner l'avenir douillet du bon vieux poste TSF. Les premiers terminaux — plus près d'un smartphone que d'un transistor — sont déjà au point, les grands groupes de communication — dont les télévisions — l'expérimentent, 358 dossiers ont été déposés au Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) en octobre dernier ; mais au vu des tarifs prohibitifs imposés, la sélection se fera surtout par l'argent. Mais pas que…

Selon Marshall Mc Luhan (1911-1980), sémiologue culte des médias et auteur du non-moins culte « message is medium », la radio, média d'instantanéité et de proximité par excellence, est un média chaud… ! Du fait même de sa haute définition, le média chaud (toujours selon Mc Luhan) « ne permet que très peu de participation de l'audience » ; il laisse en quelque sorte l'auditeur tranquille…

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Flickr, Paveita

Et c'est précisément cette liberté (ne pas devoir participer), ce temps-libre en quelque sorte, que l'auditeur a toujours apprécié dans ce média — la radio reste le média préféré des français. L'usage de la radio est justement de pouvoir faire autre chose en même temps : travailler, conduire, prendre une douche, faire la cuisine, la vaisselle, l'amour, dormir même… en bref, tout sauf regarder la radio !

C'est (peut-être) là que se situe le cœur du problème des futures radios numériques : les humains auront-ils envie de perdre ce temps-libre ? Tout comme le passage du cinéma muet au cinéma parlant (en pleine crise de 1929), ce passage-là (vers une radio visuelle) marquera-t-il à son tour la fin d'un âge d'or ?… La radio numérique signera pour le moins la fin des radios libres….

A suivre.

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