Par Thierry Aoudja05 février 2009publié à 09:42 dans communiquer
Petite semaine
Signe des temps, la semaine de la pub ne dura que deux jours cette année. Le cadre, quant à lui, ne faisait aucun mystère sur sa résonance hautement symbolique : le Palais Brongniart, temple désuet de la Bourse. En ces temps de morosité publicitaire, les communicants espéraient-ils y retrouver les fantômes de la Finance ? Toujours est-il qu'à entendre les prestigieux conférenciers, on comprend soudain pourquoi « ces chers annonceurs » restent souvent parfois sceptiques envers le « monde de la publicité »… Ambiance.

Flickr, Isado
Tout d'abord quelques sophismes ou euphémismes relevés lors du colloque-phare intitulé chichement : « réussir la société de communication » — regroupant sur un même plateau Vincent Bolloré, Maurice Levy, et Jean-Marie Dru, respectivement PDG d'Havas, de Publicis et de TBWA... « Le comportement des audiences n'a pas changé. Nous n'assistons pas, à l'heure qu'il est, à une révolution » (Maurice Levy) — mais où diable vit cet homme ?!... Quelques instants plus tard : « Le métier de la communication (…) va sûrement connaître un fort développement avec l'apparition des nouveaux médias » (Vincent Bolloré) — l'entrepreneur insiste ici lourdement sur le mot « apparition » ; ce qui en dit long sur son inertie médiatique. Que peut penser un « client de moins de 35 ans » en écoutant ce genre de frivolité ?
Soudain une petite phrase du PDG de TBWA jette un froid dans la salle : « Nous ne sommes pas assez payé !... » suscitant ça et là quelques timides applaudissements — sûrement quelques free-lances égarés… Suit alors une mystérieuse et surréaliste empoignade (quoique mondaine) déclenchée par Maurice Levy qui finira tout de même par lâcher un amer et terrible : « Ne revenons pas, cher Jean-Marie, sur une histoire qui t'a fait perdre un procès !... ».
(Re)silence — cette fois sans applaudissement.
Par bonheur, la semaine de la pub ne dura que deux jours cette année.
Publié à 09:42commentaires (1) lien permanent





