Par Thierry Aoudja17 décembre 2009publié à 14:15 dans communiquer
L'an 10
Alors que la première décennie du troisième millénaire — que l'on a souvent intitulée ici « les années double zéro » — s'achève dans quelques jours, revenons un instant sur la tendance lourde qui marquera cette période, du moins sur le plan médiatique : je veux parler du Web 2.0, que l'on pourrait résumer par « l'interaction permise (désirée ?) de l'Autre dans sa propre sphère numérique », ou dit autrement, « l'ouverture au marché du concept d'intimité ». Car que l'on soit un groupe, une marque, un média ou un simple individu, il s'agit bien là d'une privatisation de l'intime — et paradoxalement de sa privation (1).
En effet, du triomphe des blogs (journaux intimes par excellence) à la « vague» people ( le populisme de l'intime) sans oublier l'éclatante destinée de Facebook (l'instrumentalisation de l'intime), les usages des nouveaux médias n'ont fait ces derniers temps que « canoniser le Moi » sur la toile...

Flickr, Infollatus
Les années 10 suivront-t-elles cette vague intimiste ? Rien n'est moins sûr... On perçoit ça et là de nombreuses déceptions voire pire ; oh, rien de très grave pour l'instant : de simples rumeurs dans les salles de presse (marre des commentaires des internautes !) ou dans les couloirs des agences de com' (à quoi sert VRAIMENT ce blog ?). Sans compter que l'usage réel du grand public ne suit pas toujours la tendance...
Pour ma part, je ne serais pas surpris qu'un temps d'arrêt soit nécessaire avant de tester d'autres concepts plus « utiles », reposants, et finalement plus sociaux...
(1) Une idée de cadeau pour Noël : La Privation de l'intime, de Michael Foessel, éditions du Seuil.
(2) Les anti-Facebook seront-ils un jour plus nombreux que les pro-Facebook ? Car n'oublions pas cette règle d'or : seuls 10% des internautes contribuent à 90% du trafic, et les réseaux sociaux ne sont pas épargnés par cette loi.
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