prochaine pleine lune 30 mars 2010s'inscrire

Nomadisme

19 octobre 2009publié à 11:38 dans perspectives

L'objet

Jusqu'au début des années 2000, — un peu plus, un peu moins selon l'avis des puristes — le PC, fixe ou portable, en tant que support de consultation de la « chose numérique », restait invincible, indétrônable, immortel ; immuable machine qui allait paisiblement nous accompagner jusqu'à la fin du siècle, voire des temps. Il ne venait à l'idée de personne de remettre en cause l'« Objet » ; la préoccupation principale des acteurs du marché portait sur les services qu'il pouvait rendre, plutôt que sur l'objet lui-même.

Trois événements vont perturber cette situation : le succès de l'Iphone, la timide (mais entêtée) irruption du livre électronique, et plus récemment l'émergence des Netbook, support hybride entre Organizer et ordinateur portable. Trois nouveaux « objets » qui ont en commun trois caractéristiques : être mobiles, de très petite taille et équipés d'un écran tactile (1).

Dès lors, l'avenir des nouveaux médias passera un temps par le support plutôt que par le service, par le matériel plutôt que par le logiciel, par le hard plutôt que par le soft, par l'objet plutôt que par le sujet (2). Le vieux PC n'a d'avenir que dans la fixité… Ainsi, un jour prochain, sera-t-on amené à le rebaptiser : Home Computer...

(1) La « tablette », annoncée pour 2010 par Microsoft et Apple, semblerait être l'aboutissement de cette tendance.

(2) Une fois encore, se réveille la vision de Marshall Mc Luhan : « le message, c'est le média», c'est à dire le support.

Publié à 11:38commentaires lien permanent

  • digg
  • del.icio.us
  • facebook
  • google bookmarks
  • my yahoo

06 septembre 2009publié à 11:15 dans perspectives

A vos masques

Le paradoxe historiquement associé à la notion de télétravail mérite que l'on s'y arrête un instant. Car, à y regarder de plus près, ce nouvel usage — travailler chez soi — incontestablement issu des nouvelles technologies nomades, menace dans le même temps de nous rendre de plus en plus sédentaire — ne plus voir ses collègues, ne plus boire de café lyophilisé, ne pas porter de masque comme tout le monde, rester chez soi — en un mot : devenir asocial.

Mais rassurons-nous, il en est de même de toute invention. Chacune d'entre elles comporte sa part de lumière et sa part d'ombre — le nucléaire, pour ne citer que lui, en est l'exemple le plus éclatant, si je puis dire.

titre

Flickr, Britam

La pandémie, désormais certaine, qui menace de s'abattre dans quelques jours sur la planète bleue, « cloîtrant » d'après les prévisions de l'OMS près de 33% de la population mondiale, aura un moins un agrément : celui d'entamer (dans les pays industrialisés) ce type de débat (le télétravail), et à n'en pas douter, bien d'autres…

A titre d'exemple : que peut-on faire à distance ? (presque) tout ! Que peut-on faire seul ? (presque) rien !

A vos masques, prêt…

22 avril 2009publié à 20:02 dans perspectives

Les pirates

Chacun d'entre nous y a songé : peut-on mettre décemment en rapport la nouvelle piraterie numérique — dont la polémique à propos de la loi Hadopi (1) et l'affaire « Pirates Bay » ne sont que les parties visibles — et la brusque recrudescence de la piraterie maritime au large de la Somalie ? Tentative de réponse...

« Act now, tomorrow too late » annonçait le site de Pirates Bay dont les joyeux organisateurs viennent d'être condamnés à un an de prison ferme par un tribunal de Stockholm (Europe). Cette décision de justice, pour le moins ultra médiatisée, satisfera sûrement Pascal Nègre (sorte de corsaire moderne cherchant à thésauriser les derniers roupies de l'ancien monde sédentaire) mais sûrement pas les pionniers du monde nomade si cher à Jacques Attali ; un débat en prime-time entre les deux hommes ne serait d'ailleurs pas de trop !

La piraterie (2) a toujours émergé durant les périodes de forte désaffection ou de fébrilité des états : affaiblissement de l'empire romain dès la fin du Ier siècle av. J.C, fragilité des nouvelles colonies suite à la découverte des « Indes » jusqu'au début du XVIIIe siècle : devra-t-on bientôt y ajouter l'étourdissement des états suite à la crise qui frappa l'humanité au début du XXIe siècle… ?

Selon Gilles Lapouge, le pirate est d'abord « un homme qui n'est pas content (…) qui estiment que l'espace terrestre que lui alloue la société est trop étroit, nauséabond, inconfortable (…), il refuse de jouer le jeu ». Le nouvel espace à conquérir est alors maritime, lieu de non-droit par excellence. Espace maritime soit, mais aussi espace de communication ; les voies maritimes — et bien plus tard de chemins de fer — ne sont-elles pas surtout des voies des communication ?

Ainsi, Internet (ultime réseau de navigation et de communication) devient, en ces temps de turbulence, cet espace refuge — de liberté, de non-droits, de gratuité — qui plus est virtuel ! Internet : terre d'exil pour geeks et autre pirate dans l'âme.

——

(1) Pour détourner la loi, des moyens techniques sont déjà proposés ici

(2) Notons au passage que, selon Wikipedia, le mot « pirate » vient du latin pirata qui signifie : qui tente sa chance, qui entreprend.

20 février 2009publié à 17:41 dans communiquer

La carte au trésor

Tout a commencé à l'arrière d'un taxi. C'était au tout début des années 2000. Nous étions ébahis par ce qui se déroulait là sous nos yeux, juste au-dessus du taximètre. Nous découvrions les premiers terminaux GPS (Global Positioning System) espionnant sans scrupule nos plus petites virées — souvent nocturnes. Un point rouge (nous) se déplaçait sur l'écran, tournait à droite, attendait au feu rouge, s'arrêtait devant chez nous : nous étions suivis, protégés (1).

Bref, ce nouvel instrument de navigation (2) est désormais en vente dans les grandes surfaces à partir de 99 euros. Plus pour très longtemps… Ce type de terminal GPS archaïque (monomédia) vit peut-être déjà ses derniers instants de gloire — good bye Tom-Tom — du fait de l'arrivée imminente des smartphones intégrant par défaut les fonctionnalités de géolocalisation en réseau — dont le très attendu Google Phone, nouvelle lampe d'Aladin (sortie prévue en France, avril 2009).

Ce mode de recherche (par carte) s'apparente particulièrement bien au quotidien du nomade solitaire — ce pourrait être la forme future ultime de toute navigation. Partir d'une carte pour aboutir à un contenu, quelle que soit sa forme : information, service ou communauté. Ressentir avant tout la présence physique de la cible — info, outil ou ami… La mondialisation méritait bien ça...

Dans ces conditions, les marques revendiquant des services de localisation — toutes les marques en réalité — devraient de manière urgente intégrer cette forme d'ergonomie dans leurs services mobiles sous peine d'être bien vite estampillées « années 2000 », l'ère préhistorique.
Du fait de la taille maximum d'un écran mobile — de la taille de nos doigts —, un dessin vaudra toujours mieux qu'un long discours.

(1) Conséquence directe : certains chauffeurs de taxi ne connaissent même plus les noms des rues. D'ailleurs, les connaissaient-il avant ? Chacun sait que même « les maitres du monde » sont nuls en géographie — 65% des jeunes américains ne savent pas où se situe l'Europe sur une mappemonde, pire, 11% ne peuvent même pas situer leur propre pays.

(2) Notons que la dernière vulgarisation d'instruments de navigation (boussole, compas, sextant,…) datent de la fin du XVe siécle et a ouvert à l'Europe bien plus que la route des épices.

08 février 2009publié à 22:28 dans communiquer

La lampe d'Aladin

Selon le site Apple Insider — fin limier de l'actualité souvent hermétique d'Apple —, la firme de Cupertino (1) aurait déposé le 20 janvier dernier une ribambelle de brevets concernant les futures fonctionnalités de l'iPhone dont la visioconférence : étape quasi-ultime de l'ubiquité nomade dont on nous parle depuis des années voire des décennies — cf. le fameux visiophone de 2001, l'Odyssée de l'espace ou plus proche, celui moins glamour de Ma ligne Visio — triste héritier du Minitel — lancé clandestinement en 2004 par France Telecom, la firme du 15ème arrondissement.

titre

Flickr, Thomas Hawk

Telle la lampe d'Aladin, le visiophone incarne (et incarnait depuis toujours) l'engin des mondes futurs — est-ce dû à sa manifeste analogie avec les mots vision ou visionnaire ? Reste que dans un futur proche — disons un futur à court terme —, il ne serait pas étonnant que cette lampe magique s'insère irrémédiablement dans notre quotidien de promeneur solitaire, abandonnant l'inerte webcam aux sédentaires de salon.

Et l'iPhone est le mieux placé pour nous faire succomber à cette tentation (2).

(1) « La firme de Cupertino » : expression communément utilisée par les reporters des temps modernes pour désigner Apple en échappant aux fâcheuses répétitions — 63 900 références repérées sur Google.

(2) Malgré la foudroyante absence de Steve Jobs, Apple vient de réaliser le meilleur trimestre de son histoire : 11 milliards de dollars de C.A., 2,3 milliards de bénéfice, 2,5 millions de Macintosh vendus, 22,7 millions d'iPod et 4,3 millions d'iPhone — à comparer aux pertes annoncées par ses principaux concurrents.

(3) A noter qu'Apple sera absent du Mobile World Congress 2009, grand-messe de la mobilité qui se tiendra à Barcelone du 16 au 19 Février ; une messe sans messie en quelque sorte.

Publié à 22:28commentaires lien permanent

  • digg
  • del.icio.us
  • facebook
  • google bookmarks
  • my yahoo

RSSRSS

À propos de neo05

Bienvenue sur ScreenStory, le magazine de veille stratégique consacré aux usages et aux nouvelles technologies de la communication par l'écran, édité par l'agence neo05.

En savoir plus

Événement

Le 15 octobre dernier,
à l'occasion de son premier anniversaire, le magazine ScreenStory a invité ses lecteurs au vernissage de l'exposition d'Amandine Lancelot.

En savoir plus

retrouvez screenstory sur votre mobile - mobile.screenstory.tv