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Hightech

Par Thierry Aoudja06 avril 2010publié à 09:43 dans business

Le modèle

Mon dernier article sur le retour du multimédia augurait, vous l'aurez compris, de l'arrivée de l'Ipad, qui n'est rien d'autre, en fin de compte, qu'un support mobile et tactile parfaitement adapté à l'usage et à la consommation de sources multimédias (textes, photos, vidéos, audios) par le grand public. Pour preuve : les nombreux clips de promotion de la tablette d'Apple ne font que trop penser aux visites guidées des CD-Rom des années 90 — voir notamment celui du magazine Wired parfaitement ficelé.

Et ce ne sont pas les critiques entendues ça et à propos de ses défauts visibles voire calculés (absence de ports USB, de webcam, de logiciels d'édition, de multi-taches, non reconnaissance du format Flash,…) qui changeront le cours de l'histoire… hormis celle de ses détracteurs.

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Flickr, Mills Baker

Ainsi, à peine vient-il de voir le jour, voici que l'Ipad apparaît comme le support idéal (rêvé ?) de toute publication multimédia — d'autant plus que son modèle économique est, pour une fois, précisément inclus dans son concept : modèle de micro-paiement préalablement breveté (1), d'abord sur l'Ipod dans le secteur de la musique, puis sur l'Iphone dans le secteur de la téléphonie (2).

Alors, l'Ipad, une opportunité pour la presse, en manque flagrant de modèle ? Sans aucun doute, mais...

A suivre…

(1) Non seulement économiquement breveté, mais parfaitement accepté comme tel par le consommateur moyen qui, depuis la mort du CD-Rom, concède enfin à sortir sa CB pour acquérir un objet numérique.

(2) Selon le très sérieux paidContent, The Guardian a écoulé plus de 100 000 exemplaires de sa version payante sur Iphone en deux mois.

Par Thierry Aoudja12 février 2010publié à 16:49 dans communiquer

Le tactile

Selon les préhistoriens, l'une des aptitudes propre à l'homme — et qui a fait de lui le dominant que l'on sait — serait sa formidable dextérité, son infinie capacité de préhension dotée d'un sens tactile hors du commun ; aptitude qui le distinguera irrémédiablement de l'animal et lui permettra bien plus tard d'entrer de plain-pied dans l'ère technologique.

Il n'est pas étonnant alors qu'un des principaux champs d'investigation de la science ergonomique soit consacré aux usages de la main, au sens tactile. Pas de doute, la tendance lourde « écrans tactiles » est tout sauf un hasard ; elle est même la conclusion naturelle de l'histoire de la relation homme/outil...

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Flickr, Lantherev

Or précisément dans ce domaine (les écrans tactiles), la limite d'innovation reste — et restera — liée à la grosseur de nos doigts (environ 1 cm carré) et à la précision de notre vue (baissante à partir de 40 ans). Résultat : le marché des smartphones — réservé jusque là aux jeunes urbains « addict » et autres geeks — ne pourra jamais parvenir à maturité sans la prise en compte de ces deux facteurs morphologiques (1).

Et pour arriver à maturité, un marché ne peut être éternellement réservé à une seule catégorie de population — ici les jeunes aux petits doigts et à la vue perçante — fut-elle fortement consommatrice… Apple l'a bien senti en lançant l'Ipad, clone de l'iPhone version senior.

Seul problème, et non des moindres, désormais l'appareil ne contient plus dans la poche d'un être humain de taille normale, fut-il senior...

(1) Rien d'étonnant à ce que l'ouïe — via la musique — soit le sens mis en avant par les publicitaires de tout poils pour vanter les mérites de l'iPhone, étant donné que ce sens n'exige aucune contrainte physique... ou presque.

Par Thierry Aoudja15 janvier 2010publié à 12:46 dans perspectives

Le temps du doute

Si l'on en croit la rumeur (populaire, médiatique), le thème de l'innovation — qui semblait promis à grand avenir — ne sera plus abordé de la même manière dans les années à venir. Pour preuve, le traditionnel cortège d'annonces à propos des nouveautés technologiques présentées lors du Consumers Electronics Show qui s'est tenu le week-end dernier à Las Vegas, est cette fois ponctué d'incertitudes, de perplexité, voire de défiance. « La tablette tactile retente sa chance en 2010 » titrait austèrement le Figaro dans ses pages Technologies ; là où il y a quelques années seulement, on aurait parlé de révolution numérique.

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Flickr, ThinhHoang

Cette précaution d'usage, si je puis dire, en dit long sur la méfiance qui accompagnera désormais toute invention high tech. Depuis quelques mois, cette suprématie de l'innovation (purement technologique) s'est vue brutalement concurrencée par de nouvelles ambitions plus modestes et plus pratiques à la fois, basées sur les véritables usages des consommateurs et sur la notion de service — parfaitement imposée concrétisée par les Iphone Apps… Souvenons-nous que nous sommes d'abord une société de service (1).

Nous irions ainsi progressivement vers une innovation plus « réfléchie » (plus lente donc), incluant le temps du doute dont nous parlions ici il y a quelques jours. En quelque sorte, une innovation plus cartésienne (2), mais également plus lucrative.

Très belles années 10 à vous !

(1) Développer la notion de service, tant délaissée depuis l'invention du web, permettrait très naturellement d'associer un prix à ce service.

(2) La méthode de Descartes commence en effet par la mise en doute systématique de toutes les connaissances qui nous semblent à priori évidentes.

Par Thierry Aoudja29 novembre 2009publié à 19:18 dans perspectives

Dans un fauteuil

Attention cet article risque d'être encore valable pendant 10 ans (ndlr)

Le petit écran — ancêtre vénérable de la famille « écran » — dont les seules évolutions appréciables restent jusqu'à présent la diminution de son épaisseur ( jusqu'à 3 mm) au profit de l'accroissement de la taille de sa diagonale ( jusqu'à 150 pouces, soit 3,81 m !), le petit écran donc, évoluera-t-il (un jour) vers un peu plus d'interactivité ? ou restera-il figé dans son rôle de diffuseur égoïste et égocentrique ? Le récent passage au tout numérique donnera-t-il un nouveau souffle à l'aïeul ? Enfin, et surtout, l'arrivée prochaine de la télévision interactive — annoncée depuis plus de dix ans — nous ramènera-t-elle vers le doux confort du canapé ?... Rien n'est moins sûr (1) !

A la lecture de quelques articles récents sur le sujet, on pourrait se croire dans les « années double zéro » (2) ; vous savez, l'époque bénie où tout était permis — du moins dans nos pires rêves numériques.

Mais la réalité est bien plus brutale ; armé de la vilaine télécommande Numéricable, il est déjà assez pénible d'accéder au guide des programmes — la plupart du temps non rempli par les chaînes —, alors imaginez lorsque le petit écran offrira la panoplie des services annoncés : news, VOD, shopping, jeux d'argent, radio, publicité, météo et autres widgets — en fin de compte les mêmes services qu'Internet … mais en plus lent...

Pourtant qu'il serait doux un jour de « surfer dans un fauteuil » ? Question d'ergonomie !

(1) La TNT est à la télévision ce que le Minitel fut au web : une cause de retard !

(2) Dans les années 2000, la perspective de voir les frigidaires parler n'effrayait personne.

Par Thierry Aoudja19 octobre 2009publié à 11:38 dans perspectives

L'objet

Jusqu'au début des années 2000, — un peu plus, un peu moins selon l'avis des puristes — le PC, fixe ou portable, en tant que support de consultation de la « chose numérique », restait invincible, indétrônable, immortel ; immuable machine qui allait paisiblement nous accompagner jusqu'à la fin du siècle, voire des temps. Il ne venait à l'idée de personne de remettre en cause l'« Objet » ; la préoccupation principale des acteurs du marché portait sur les services qu'il pouvait rendre, plutôt que sur l'objet lui-même.

Trois événements vont perturber cette situation : le succès de l'Iphone, la timide (mais entêtée) irruption du livre électronique, et plus récemment l'émergence des Netbook, support hybride entre Organizer et ordinateur portable. Trois nouveaux « objets » qui ont en commun trois caractéristiques : être mobiles, de très petite taille et équipés d'un écran tactile (1).

Dès lors, l'avenir des nouveaux médias passera un temps par le support plutôt que par le service, par le matériel plutôt que par le logiciel, par le hard plutôt que par le soft, par l'objet plutôt que par le sujet (2). Le vieux PC n'a d'avenir que dans la fixité… Ainsi, un jour prochain, sera-t-on amené à le rebaptiser : Home Computer...

(1) La « tablette », annoncée pour 2010 par Microsoft et Apple, semblerait être l'aboutissement de cette tendance.

(2) Une fois encore, se réveille la vision de Marshall Mc Luhan : « le message, c'est le média», c'est à dire le support.

Publié à 11:38commentaires lien permanent

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