prochaine pleine lune 24 août 2010s'inscrire

Guerre économique

Par Thierry Aoudja22 avril 2009publié à 20:02 dans perspectives

Les pirates

Chacun d'entre nous y a songé : peut-on mettre décemment en rapport la nouvelle piraterie numérique — dont la polémique à propos de la loi Hadopi (1) et l'affaire « Pirates Bay » ne sont que les parties visibles — et la brusque recrudescence de la piraterie maritime au large de la Somalie ? Tentative de réponse...

« Act now, tomorrow too late » annonçait le site de Pirates Bay dont les joyeux organisateurs viennent d'être condamnés à un an de prison ferme par un tribunal de Stockholm (Europe). Cette décision de justice, pour le moins ultra médiatisée, satisfera sûrement Pascal Nègre (sorte de corsaire moderne cherchant à thésauriser les derniers roupies de l'ancien monde sédentaire) mais sûrement pas les pionniers du monde nomade si cher à Jacques Attali ; un débat en prime-time entre les deux hommes ne serait d'ailleurs pas de trop !

La piraterie (2) a toujours émergé durant les périodes de forte désaffection ou de fébrilité des états : affaiblissement de l'empire romain dès la fin du Ier siècle av. J.C, fragilité des nouvelles colonies suite à la découverte des « Indes » jusqu'au début du XVIIIe siècle : devra-t-on bientôt y ajouter l'étourdissement des états suite à la crise qui frappa l'humanité au début du XXIe siècle… ?

Selon Gilles Lapouge, le pirate est d'abord « un homme qui n'est pas content (…) qui estiment que l'espace terrestre que lui alloue la société est trop étroit, nauséabond, inconfortable (…), il refuse de jouer le jeu ». Le nouvel espace à conquérir est alors maritime, lieu de non-droit par excellence. Espace maritime soit, mais aussi espace de communication ; les voies maritimes — et bien plus tard de chemins de fer — ne sont-elles pas surtout des voies des communication ?

Ainsi, Internet (ultime réseau de navigation et de communication) devient, en ces temps de turbulence, cet espace refuge — de liberté, de non-droits, de gratuité — qui plus est virtuel ! Internet : terre d'exil pour geeks et autre pirate dans l'âme.

——

(1) Pour détourner la loi, des moyens techniques sont déjà proposés ici

(2) Notons au passage que, selon Wikipedia, le mot « pirate » vient du latin pirata qui signifie : qui tente sa chance, qui entreprend.

Par Thierry Aoudja08 avril 2009publié à 15:00 dans business

Discount

Alors que la question du pouvoir d'achat — première préoccupation des Français — occupe une place centrale dans le débat public, la vogue du low-cost déclenchent désormais un intérêt bien au-delà de sa cible naturelle ; décomplexés, les riches ne snobent plus les rayons discount — ils s'y adonnent même, par jeu, militantisme ou « simple » avarice. Autant dire que durant le grand combat de boxe que se livre les marques en cette période de crise, les « coûts bas » sont désormais permis.

Développé à l'origine (1) par les compagnies aériennes à bas prix et par la grande distribution, le low cost — ce populisme de la consommation — s'infiltre et émerge peu à peu dans tous les secteurs d'activité : banques en ligne, médicaments génériques, voitures low-cost, logiciels libres, hôtels Formule 1, Ikea , presse gratuite, livres à 2 euros, fournisseurs , prêts-à porter… jusqu'aux plus inattendus.

titre

Flickr, Remi Sharp

Ce modèle économique — pronée dans un rapport ministériel comme une « piste à suivre » — est en train de devenir le modèle dominant en raison des effets combinés 1. de la crise — financière, économique, morale voire mentale —, 2. de la pression de l'Asie, et 3. du modèle de gratuité initié par Internet.

A ce propos, faut-il rappeler que le modèle Internet — basée sur des coûts de reproduction quasi-nuls du fait de la dématérialisation du produit — est par nature un modèle low-cost… ? Il est même LE modèle low cost par excellence : suppression des points de vente, optimisation des coûts (fixes et variables), communication et C.R.M à moindre frais, culte du management…

Ainsi, Google — qui n'a que 10 ans — est aujourd'hui pour beaucoup l'unique modèle de développement et de management adapté aux enjeux de ce siècle. On le constate chaque jour, cette forme de « gouvernance low cost » s'installe — et s'installera durablement — dans toutes les sphères, à commencer par celles de la Maison Blanche. Et ce ne peut être qu'un bien…

(1) Initié aux USA dès l'après-guerre, le low-cost n'est apparu seulement en Europe que vers la fin des années 80. Précurseurs, les « produits libres » de Carrefour firent leurs premières apparitions dès 1976, suivis bien plus tard par le lowcoster chypriote Easygroup.

Par Thierry Aoudja14 septembre 2008publié à 14:02 dans business

La ruée vers l'or

Il ne manquait plus que ça ! Google annonçait le 2 septembre dernier qu'il mettait à la disposition des internautes une version d'essai de Google Chrome, le premier navigateur internet (open source) du groupe, qui désormais, concurrencera joyeusement Internet Explorer, Firefox et Mozilla.

Déjà ultra-dominant grâce à son moteur de recherche (86,7% de part de marché contre 2,8 pour MSN, chiffre Journal du Net) et les fonctionnalités de cartographie de la suite Google Maps (22,2% contre 3,8 pour Window Local Live, source Webrankinfo), Google vise sans aucun doute, et très rapidement, la pole position en matière de navigateur web.

titre

Flickr, Dean Forbes

On comprend mieux alors le récent refus de Yahoo, magistralement orchestré par Google, envers la pathétique offre de rachat de Microsoft ; les jeunes startups de la Silicon Valley unies contre le vieux fabricant de logiciels de Redmond....

Dans sa brève histoire de l'avenir, J. Attali parle d'un déplacement progressif du « cœur de l'ordre marchand » vers Los Angeles, comme au bon vieux temps de la ruée vers l'or ; et ce notamment, depuis le 11 septembre 2001.

Dans cette hypothèse (ma foi, logique), le duel à distance — plus médiatique qu'économique —, que se livrent Microsoft et Google semble anachronique, joué d'avance ; le vent de l'histoire souffle plus que jamais vers la Cafifornie...

RSSRSS

À propos de neo05

Bienvenue sur ScreenStory, le magazine de veille stratégique consacré aux usages et aux nouvelles technologies de la communication par l'écran, édité par l'agence neo05.

En savoir plus

retrouvez screenstory sur votre mobile - mobile.screenstory.tv

Événement

Le 15 octobre dernier,
à l'occasion de son premier anniversaire, le magazine ScreenStory a invité ses lecteurs au vernissage de l'exposition d'Amandine Lancelot.

En savoir plus