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Google

Par Thierry Aoudja21 juin 2010publié à 10:36 dans perspectives

Le quart d'heure américain

Comme vous avez pu le constater, le magazine ScreenStory, et moi-même, avons pris quelques distances avec la chose écrite depuis près de deux lunes : saine occupation, ma foi... Or, après une rapide revue de presse web — histoire de se remettre un peu dans le bain numérique —, je constate avec stupeur que l'actualité des nouveaux médias, tourne désormais quasi-exclusivement autour de deux sujets déclinés à l'infini et sous tous ses angles, à savoir : l'iPad et Google (1)... La presse en ligne, souvent faussement passionnée par le thème, semble littéralement hypnotisée par la valse des chiffres, si bien que la question du succès de iPad devient plus importante que celle de son degré réel d'innovation.

Bref, c'est un peu comme si le temps (l'actualité, l'innovation) tournait soudain au ralenti — ou pire en boucle.

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Flickr, Nicolasnova

Est-ce là le résultat immédiat des crises aux multiples tentacules, dont la seule vue paralyse toute motivation ? Sont-ce déjà les conséquences de la tendance lourde du « vivre plus lentement » — dite slow culture (2) — que certains semblent prendre un peu trop au pied à la lettre ? Ou bien est-ce la sage mesure que ScreenStory préconisa dès le début de l'an 10, à propos de l'innovation — lire à ce propos l'article « Le temps du doute » ?...

C'est à vous de le dire… Pour ma part, j'opte sans hésiter pour la troisième éventualité : une innovation lente et maitrisée, qui en fin de compte, exige et prend énormément de temps...

(1) J'oublie volontairement l'ouverture des paris en ligne qui n'ont d'innovant que leur nouveauté, mais dont nous parlerons sûrement un des ces jours.

(2) Slow food, slow média, slow travel, autant de mouvements (de modes) datant du début du millénaire, et prenant leur importance depuis les crises.

Par Thierry Aoudja09 mai 2009publié à 00:23 dans communiquer

Le must

La réussite d'une marque sur Internet est proportionnelle à sa capacité à offrir un service dans la « vraie vie ». Pour ne citer que les plus populaires, Google, Yahoo, Facebook, E-bay, Meetic, You Tube, chacune de ces marques nous offre chaque jour un prolongement palpable dans la vie réelle. Et c'est précisément là que se situent leur force et leur succés : être le point de départ d'un acte manifeste dans la vie quotidienne — rencontres, achats, ventes, rumeurs, voyages, loisirs,…

Ces marques-là sont, me direz-vous, les stars du web, des exemples, des exceptions, des curiosités ; pourtant chaque marque en ligne peut appliquer cette règle d'or à sa manière : être le point de départ d'un acte manifeste dans la vie quotidienne.

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Flickr, Britam

Le must étant d'atteindre ce succès (1) sans JAMAIS communiquer dans la « vraie vie » ; personne n'imagine — sans rire — une publicité pour Google ou Facebook dans le métro… Must en terme financier — un minimum de dépenses publicitaires pour un maximum de retours économiques —, must en terme de notoriété — plus d'1 milliard d'internautes depuis 2009 —, must enfin en terme relationnel — la relation restant la véritable richesse d'une marque.

A ce propos (la relation), le baromètre publicitaire publié par l'Association Européenne des Régies Internet (EIAA) annonçait la semaine dernière que « 70% des annonceurs ont décidé de basculer leur budget marketing sur Internet en 2009 ». Il n'est jamais trop tard…

(1) Pour mémoire, chacun de ces sites caracole en tête du hit parade du web — Google annonçant plus d'1 milliard de visiteurs uniques mensuels — 1/4 de la population mondiale de plus de 15 ans —, tandis que Facebook vient de fêter son 200 millionième « abonné ».

Publié à 00:23commentaires lien permanent

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Par Thierry Aoudja08 avril 2009publié à 15:00 dans business

Discount

Alors que la question du pouvoir d'achat — première préoccupation des Français — occupe une place centrale dans le débat public, la vogue du low-cost déclenchent désormais un intérêt bien au-delà de sa cible naturelle ; décomplexés, les riches ne snobent plus les rayons discount — ils s'y adonnent même, par jeu, militantisme ou « simple » avarice. Autant dire que durant le grand combat de boxe que se livre les marques en cette période de crise, les « coûts bas » sont désormais permis.

Développé à l'origine (1) par les compagnies aériennes à bas prix et par la grande distribution, le low cost — ce populisme de la consommation — s'infiltre et émerge peu à peu dans tous les secteurs d'activité : banques en ligne, médicaments génériques, voitures low-cost, logiciels libres, hôtels Formule 1, Ikea , presse gratuite, livres à 2 euros, fournisseurs , prêts-à porter… jusqu'aux plus inattendus.

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Flickr, Remi Sharp

Ce modèle économique — pronée dans un rapport ministériel comme une « piste à suivre » — est en train de devenir le modèle dominant en raison des effets combinés 1. de la crise — financière, économique, morale voire mentale —, 2. de la pression de l'Asie, et 3. du modèle de gratuité initié par Internet.

A ce propos, faut-il rappeler que le modèle Internet — basée sur des coûts de reproduction quasi-nuls du fait de la dématérialisation du produit — est par nature un modèle low-cost… ? Il est même LE modèle low cost par excellence : suppression des points de vente, optimisation des coûts (fixes et variables), communication et C.R.M à moindre frais, culte du management…

Ainsi, Google — qui n'a que 10 ans — est aujourd'hui pour beaucoup l'unique modèle de développement et de management adapté aux enjeux de ce siècle. On le constate chaque jour, cette forme de « gouvernance low cost » s'installe — et s'installera durablement — dans toutes les sphères, à commencer par celles de la Maison Blanche. Et ce ne peut être qu'un bien…

(1) Initié aux USA dès l'après-guerre, le low-cost n'est apparu seulement en Europe que vers la fin des années 80. Précurseurs, les « produits libres » de Carrefour firent leurs premières apparitions dès 1976, suivis bien plus tard par le lowcoster chypriote Easygroup.

Par Thierry Aoudja20 février 2009publié à 17:41 dans communiquer

La carte au trésor

Tout a commencé à l'arrière d'un taxi. C'était au tout début des années 2000. Nous étions ébahis par ce qui se déroulait là sous nos yeux, juste au-dessus du taximètre. Nous découvrions les premiers terminaux GPS (Global Positioning System) espionnant sans scrupule nos plus petites virées — souvent nocturnes. Un point rouge (nous) se déplaçait sur l'écran, tournait à droite, attendait au feu rouge, s'arrêtait devant chez nous : nous étions suivis, protégés (1).

Bref, ce nouvel instrument de navigation (2) est désormais en vente dans les grandes surfaces à partir de 99 euros. Plus pour très longtemps… Ce type de terminal GPS archaïque (monomédia) vit peut-être déjà ses derniers instants de gloire — good bye Tom-Tom — du fait de l'arrivée imminente des smartphones intégrant par défaut les fonctionnalités de géolocalisation en réseau — dont le très attendu Google Phone, nouvelle lampe d'Aladin (sortie prévue en France, avril 2009).

Ce mode de recherche (par carte) s'apparente particulièrement bien au quotidien du nomade solitaire — ce pourrait être la forme future ultime de toute navigation. Partir d'une carte pour aboutir à un contenu, quelle que soit sa forme : information, service ou communauté. Ressentir avant tout la présence physique de la cible — info, outil ou ami… La mondialisation méritait bien ça...

Dans ces conditions, les marques revendiquant des services de localisation — toutes les marques en réalité — devraient de manière urgente intégrer cette forme d'ergonomie dans leurs services mobiles sous peine d'être bien vite estampillées « années 2000 », l'ère préhistorique.
Du fait de la taille maximum d'un écran mobile — de la taille de nos doigts —, un dessin vaudra toujours mieux qu'un long discours.

(1) Conséquence directe : certains chauffeurs de taxi ne connaissent même plus les noms des rues. D'ailleurs, les connaissaient-il avant ? Chacun sait que même « les maitres du monde » sont nuls en géographie — 65% des jeunes américains ne savent pas où se situe l'Europe sur une mappemonde, pire, 11% ne peuvent même pas situer leur propre pays.

(2) Notons que la dernière vulgarisation d'instruments de navigation (boussole, compas, sextant,…) datent de la fin du XVe siécle et a ouvert à l'Europe bien plus que la route des épices.

Par Thierry Aoudja20 janvier 2009publié à 19:28 dans business

Le gadget

Les études confirment notre intuition : cette crise aura au moins un avantage (elle en a bien d'autres), l'avantage de nous ramener peu à peu à l'essentiel, à l'utile, au précieux, et nous éloigne irrémédiablement du superflu, du futile, du gadget (1) — cause première de la funeste bulle technologique des années double zéro... Souvenez–vous des frigidaires "on line" et autre bizarrerie.

A titre d'exemple, il y a quelques jours, Google a annoncé qu'il renonçait sagement aux développements de certains de ses gadget-maisons : entre autres Notebook (143 utilisateurs à ce jour), Jaiku (vs Twitter) et Dodgeball (localiseur pour Mobile) ; des trucs dans le fond dont on se demandait d'ailleurs à quoi ils pouvaient bien servir, n'en déplaise à certain.

Oui, la crise va nous obliger (elle nous oblige déjà) à penser utile, bienveillant, ergonomique, à penser humain en quelque sorte ; en particulier, les nouveaux médias doivent intégrer de toute urgence cette valeur en amont, en aval, au sommet, à chaque instant. Tout idée doit être passée au crible de l'utile — dans son sens le plus fort : qui rend service. Tout nouveau projet, petit ou grand, modeste ou ambitieux, gratuit ou payant, doit répondre en quelque sorte à la question fondamentale : qu'avons-nous TOUS à y gagner ?

Désormais, soignons l'utile et l'agréable….

(1) Concernant le mot « gadget » le Petit Robert (Tome 1) propose une définition spartiate : « gadget (mot anglais), objet amusant et nouveau ». Le dictionnaire de l'Internaute en dit un peu plus et ajoute « mais pas obligatoirement utile » ; Quant à Encarta msn, il ose même : « objet dont on ne sait pas bien à quoi il peut servir » ou pire « fausse solution à un vrai problème ».

Publié à 19:28commentaires lien permanent

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