Crise

Le gadget

Les études confirment notre intuition : cette crise aura au moins un avantage (elle en a bien d'autres), l'avantage de nous ramener peu à peu à l'essentiel, à l'utile, au précieux, et nous éloigne irrémédiablement du superflu, du futile, du gadget (1) — cause première de la funeste bulle technologique des années double zéro... Souvenez–vous des frigidaires "on line" et autre bizarrerie.

A titre d'exemple, il y a quelques jours, Google a annoncé qu'il renonçait sagement aux développements de certains de ses gadget-maisons : entre autres Notebook (143 utilisateurs à ce jour), Jaiku (vs Twitter) et Dodgeball (localiseur pour Mobile) ; des trucs dans le fond dont on se demandait d'ailleurs à quoi ils pouvaient bien servir, n'en déplaise à certain.

Oui, la crise va nous obliger (elle nous oblige déjà) à penser utile, bienveillant, ergonomique, à penser humain en quelque sorte ; en particulier, les nouveaux médias doivent intégrer de toute urgence cette valeur en amont, en aval, au sommet, à chaque instant. Tout idée doit être passée au crible de l'utile — dans son sens le plus fort : qui rend service. Tout nouveau projet, petit ou grand, modeste ou ambitieux, gratuit ou payant, doit répondre en quelque sorte à la question fondamentale : qu'avons-nous TOUS à y gagner ?

Désormais, soignons l'utile et l'agréable….

(1) Concernant le mot « gadget » le Petit Robert (Tome 1) propose une définition spartiate : « gadget (mot anglais), objet amusant et nouveau ». Le dictionnaire de l'Internaute en dit un peu plus et ajoute « mais pas obligatoirement utile » ; Quant à Encarta msn, il ose même : « objet dont on ne sait pas bien à quoi il peut servir » ou pire « fausse solution à un vrai problème ».

L'agence neo05 vous souhaite une année 2009 ultra confortable

C'était il y a une éternité. Il y a un an ou peut-être simplement quelques mois. C‘était en 2008, il y avait encore dans l'air un peu de parfum du vingtième siècle. Nous vivions dans le rêve d'une croissance euphorique et infinie, c'est-à-dire l'idée que demain serait toujours forcément mieux qu'hier ; tout — objets, maisons, œuvres d'art (tout ce qui peut s'acheter) — tout devait prendre de la valeur… Valeur économique sans nul doute… Mais quid de la valeur humaine ? de la valeur confort ?

Si l'on s'en tient aux seuls objets numériques conçus durant de ces dix dernières années, on observe une baisse progressive des exigences ergonomiques au profil d'exigences économiques et de rentabilité immédiate. C'est pourtant bien cette valeur confort (la satisfaction du consommateur final) qui devrait être la véritable source de commerce et de relation ; ces deux mots (commerce et relation) étaient synonymes durant des temps plus anciens.

titre

Illustration Amandine Lancelot

Pour atteindre ce stade vertueux de retour sur investissement (par le confort de l'audience), les marques en ligne doivent travailler autour des trois valeurs propres à l'ergonomie : la valeur design (l'image, le discours de la marque), la valeur technologique (la performance de la marque) et la valeur humaine (la relation, la communauté autour de la marque).

En attendant, reprenant l'idée que développe David Weinburger dans Everything is miscelaneous, neo05 vous souhaite en 2009, de vivre le joyeux passage du savoir à la compréhension, de la connaissance — érigée comme modèle depuis la Renaissance — à la sagesse.

Très belle année 2009, et merci à nos désormais 10 000 fidèles internautes mensuels et lunaires.

Le juste prix

Le Sénat — dont voici le pitoyable site, très « fin de siècle » — a confirmé hier que la connexion Internet des « personnes » téléchargeant des œuvres de manière illégale, serait suspendue — après avertissement par mail, puis par lettre recommandée.

Ne nous reste plus qu'à passer nos nuits à télécharger consciencieusement la discothèque idéale avant de recevoir le premier avertissement — voire le second pour les plus téméraires d'entre nous… ou ceux qui préfèrent quitter le pays.

Ajuster les prix à la réalité du marché (b-a-ba du commerce) aurait été une bien meilleure solution économique ; les « personnes » suspendues resteront à jamais des consommateurs perdus…

titre

Flickr, Baijg

De toute évidence, on aurait du mal à nous expliquer comment un album téléchargé par nos soins coute quasiment le même prix qu'un album normal, sans distribution, ni magasin, ni vendeur, ni caissière, ni surveillant, ni pochette, ni boitier, ni CD… ?!

Chacun sait que la distribution d'un produit — quel que soit le produit —, coute déjà environ la moitié du prix de revient ; la gratuité semble alors bien plus près du prix réel.

Un exemple terrifiant : l'album de Bénabar « au grand Rex », 2 CD en plastique prix Fnac 13 euros, le même en téléchargement sur Starzik 14,99 euros, et pire encore, 19,99 euros sur le site du VirginMegaWeb.

Bah, comme la presse et les banques, l'industrie du disque ne croit pas à Internet, ennemi public numéro un !

La corbeille et le papier

Les crises que traversent simultanément le secteur de la finance et celui de la presse ont, pour le moins, un point commun : tous deux ont un grave déficit de stratégie d'investissement dans les nouveaux médias… Est-ce bien un hasard ?

Pas vraiment ! Ces deux secteurs d'activité, datant de la révolution industrielle, ont depuis toujours brassé tant d'argent « à l'ancienne » — entre la corbeille et le papier —, qu'ils ne voient pas pourquoi aujourd'hui, ils iraient investir fortement sur le média Internet.

Média qui plus est impalpable, leur rapportant chaque année, pour les uns : autant qu'une bonne vieille opération boursière réalisée en moins de cinq minutes, et pour les autres : le tarif (hors négo) de dix pages de publicité vendues chaque semaine dans un seul de leurs magazines papier-glacés… Pour « l'Ordre marchand », le média Internet n'est pas encore assimilé comme une source de revenues crédible.

On les comprendrait presque…

titre

Flickr, lrargerich

Les compagnies bancaires en particulier accusent un prodigieux découvert, si je puis dire, en ce qui concerne les services en ligne ; conseils, formations, dossiers pédagogiques restent denrées rares sur Internet, sans parler de la triste ergonomie proposée, si souvent déroutante voire rédhibitoire.

Pourtant, en cette époque épique, les banques (pour ne parler que d'elles) auraient tout intérêt à mettre en place des services en ligne à fortes valeurs ajoutées, instaurant à moindre frais une véritable relation avec une clientèle/audience en pleine déroute ; désormais, ce n'est plus au guichet que l'on instaurera cette relation !

La relation, élément-clé de tout commerce, justifierait-elle l'investissement sur Internet ?

Le retour du multimédia

Suite à la publication du passionnant (mais ésotérique) rapport Giazza sur les médias et le numérique — téléchargeable ici —, remis furtivement à l'Elysée le 17 septembre dernier, s'ouvrent aujourd'hui les Etats généraux de la presse (écrite) surnommés plaisamment le « Grenelle de la presse » ; notons au passage qu'en cette période de crise, la « grenélisation » de notre espace vital est plus que jamais à l'ordre du jour.

Bref, objectif de ce Grenelle-ci : trouver des solutions concrètes aux difficultés de la presse écrite face, et je cite là les mots présidentiels, « à Internet, qui est un problème considérable » et aux journaux gratuits ; une fois de plus, les nouveaux médias, alliés historiques de la gratuité, jouent leur rôle de boucs émissaires.

titre

Flickr, Rougerouge

Mais bien avant que ces Etats généraux ne débutent, une première piste de réflexion semblait « fortement préconisée » par les conseillers de l'Elysée : favoriser la création de groupes multimédias ; autrement dit, offrir plus de souplesse aux professionnels de la profession présents dans la salle.

Souhaitons en tout cas que les rapporteurs n'oublient pas d'indiquer dans leurs conclusions que les fameux nouveaux médias (appréhendés comme l'ennemi juré) sont, en outre, conçus par ces mêmes groupes de presse (écrite), au sein même de leur rédaction, à partir du même contenu. Sans cette prise de conscience essentielle et utopique, la création de groupes « multimédia » n'aura aucun sens.

À suivre…

RSSRSS

À propos de neo05

Bienvenue sur ScreenStory, le magazine de veille stratégique consacré aux usages et aux nouvelles technologies de la communication par l'écran, édité par l'agence neo05.

En savoir plus

retrouvez screenstory sur votre mobile - mobile.screenstory.tv

Événement

Le 15 octobre dernier,
à l'occasion de son premier anniversaire, le magazine ScreenStory a invité ses lecteurs au vernissage de l'exposition d'Amandine Lancelot.

En savoir plus