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Crise

Par Thierry Aoudja26 janvier 2010publié à 18:47 dans business

Le Premium

Peu à peu — n'oublions pas que nous ne sommes qu'à la préhistoire de l'âge numérique — une tendance lourde et irrémédiable est en train de se dessiner dans le secteur des nouveaux médias, et en particulier dans le domaine de la presse ; tendance que nous qualifierons de semi-payant (1) — ou semi-gratuit pour les plus optimistes d'entre vous — et qui consiste tout simplement à ouvrir une zone payante — le plus souvent baptisée Premium — au beau milieu de la gratuité.

Pour autant, « pas question de substituer le payant au gratuit » prenait bien garde de préciser Le Figaro à propos de sa prochaine version semi-payante annoncée l'été dernier pour janvier 2010 (2).

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Flickr, Kwanz

Notons au passage que les plus visionnaires d'entre nous avaient pressenti (et annoncé) cette tendance (le payant) dès le début des années 2000, mais hélas, à cette époque (étrangement si lointaine), le média n'était, dit-on, pas assez crédible.

Or depuis quelques temps, c'est l'accélération ; la récente évolution des usages (boostés par le mobile) alliée à la chute vertigineuse des revenus publicitaires semble avoir donné de l'audace aux plus réticents.

Reste à savoir ce que doit contenir la fameuse zone Premium, ou autrement dit : que faut-il vendre (3) ? A mon humble avis, les applications de type service composeront le noyau central de l'offre. Et à ce jeu-là, la parfaite connaissance des usages de sa cible sera un atout précieux.

(1) La presse en ligne n'est pas la seule à oser briser le tabou de la gratuité : Deezer, Viadeo et Skype, pour ne citer qu'eux, ont opté dernièrement pour le modèle semi-payant.

(2) En ce qui concerne la presse, un certain retard dans le calendrier peut être d'ores et déjà annoncé ; on ne passe pas bi-média si aisément, et de nouvelles structures doivent d'abord être mises en place en interne (organigramme ?).

(3) Les solutions envisagées actuellement par la plupart des titres nationaux tournent autour de la sempiternelle newsletter plus ou moins enrichie ou de la lecture autorisée du journal papier au format numérique (PDF). Pas de quoi déchainer les foules...

Par Thierry Aoudja06 septembre 2009publié à 11:15 dans perspectives

A vos masques

Le paradoxe historiquement associé à la notion de télétravail mérite que l'on s'y arrête un instant. Car, à y regarder de plus près, ce nouvel usage — travailler chez soi — incontestablement issu des nouvelles technologies nomades, menace dans le même temps de nous rendre de plus en plus sédentaire — ne plus voir ses collègues, ne plus boire de café lyophilisé, ne pas porter de masque comme tout le monde, rester chez soi — en un mot : devenir asocial.

Mais rassurons-nous, il en est de même de toute invention. Chacune d'entre elles comporte sa part de lumière et sa part d'ombre — le nucléaire, pour ne citer que lui, en est l'exemple le plus éclatant, si je puis dire.

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Flickr, Britam

La pandémie, désormais certaine, qui menace de s'abattre dans quelques jours sur la planète bleue, « cloîtrant » d'après les prévisions de l'OMS près de 33% de la population mondiale, aura un moins un agrément : celui d'entamer (dans les pays industrialisés) ce type de débat (le télétravail), et à n'en pas douter, bien d'autres…

A titre d'exemple : que peut-on faire à distance ? (presque) tout ! Que peut-on faire seul ? (presque) rien !

A vos masques, prêt…

Par Thierry Aoudja02 septembre 2009publié à 08:47 dans communiquer

Retour au calme

Curieusement, jusqu'à ces derniers temps, la magie du copier/coller (1) — technique mise au point dans les années 70 — a été absente des fonctionnalités de nos téléphones portables, et tout aussi curieusement, personne ne s'en est plaint ; même après l'arrivée du texto qui demandait — demande et demandera — tant d'effort et d'abnégation pour écrire (presque) toujours la même chose.

L'«appareil» était certainement trop nouveau, et surtout trop riche en fonctionnalités bien plus bling bling qu'un « vulgaire » copier/coller — appareil-photo, walkman, GPS, TV — pour qu'on exigea autre chose de lui, à savoir : être moderne et en mettre plein la vue !

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Flickr, Mydearboy

Mais depuis cet été, brusque changement de cap ! Apple, porte-drapeau de la modernité — qu'on le veuille ou non —, affiche son nouvel axe de communication (la modestie) en lançant une campagne TV exclusivement consacrée à l'arrivée de la fonctionnalité « copier/coller » sur l'Iphone 3 .0 ; imaginer un instant une publicité automobile vantant les mérites de l'invention du frein à main.

Faudra-t-il ainsi — du moins en communication — revenir à l'origine de chaque chose ? La crise et son cortège de bonnes intentions nous ramènerait-t-elle — plus ou moins inconsciemment — vers des envies plus basiques, plus simples, plus apaisantes ? La technique — puisque il s'agit ici en réalité de technique — est assez grande pour s'offrir ce luxe.

(1) Notons au passage que le copier/coller reste l'outil de base des « moines copistes » des temps modernes que sont les pirates en ligne : c'est-à dire, vous et moi… Mais nous en reparlerons.

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Par Thierry Aoudja27 août 2009publié à 15:24 dans communiquer

L'Hydre de l'Herne

Décidément, la crise actuelle peut aisément être comparée à l'Hydre de la mythologie, un serpent dont il devient à ce jour quasiment impossible de compter le nombre de têtes : crise bancaire, crise de l'industrie du disque, crise de l'automobile, crise de l'immobilier, crise de la presse écrite… et, petite dernière en date dont il sera question dans cette chronique de rentrée, la crise du photo-journalisme, invention française des années 70 ; période qui semble-t-il suscite en nous une étrange attraction/répulsion...

Bref, alors que je comptais rendre ici un hommage appuyé aux 29 photographes de Flickr (1) — qui nous ont accompagnés depuis un an dans cette belle aventure —, j'apprends non sans stupeur que la légendaire agence Gamma vient d'être mise en redressement judiciaire ?! Les raisons du déclin, invoquées ça et là, paraissent presque ordinaires voire banales : faillite du journalisme d'investigation, succès de la presse people, « sédentarisation » des photographes ; cette dernière raison s'avérant assurément fatale à l'âge de la mobilité !

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Flickr, Parramitta

Ajoutons à cela que le véritable souci demeure que les photo-journalistes en question ne sont que de modestes sous-traitants — voire pire — d'une industrie déjà en crise — la presse écrite. Et dépendants par conséquent uniquement de ses choix stratégiques. Ainsi, la question « comment résoudre une crise engendrée par les autres ? » pourra être posée dans quelques jours lors du festival Visa pour l'Image 2009

Confrontés aux mêmes périls, les sous-traitants de l'industrie automobile ont quant à eux mis au point des solutions sacrement « explosives ». Dans ce cas de figure, le fameux « choc des photos » aura-t-il lieu ? Certainement pas comme le pensait son inventeur.

(1) Merci donc à Parramitta, Thinhhoang, Mydearboy, Oudrun, Brintam, Remy Sharp, Ido_cga, Roberto©pecino, Isado, Paveitapics, Thomas Hawk, Racineur, TZA, Iris CC, Gufu, Orin Obertjohn, Bajig, lrargerich, Rouge rouge, Brendan Wilkinson, Kool – Skatkat, Quintana Roo, Mezone, Dean Forbes, Andrew See, Thingermejig, Arepa 182, Angelina, Manuel MC, Mario Groleau.

(2) Notons que les multiples têtes de l'Hydre — si on pousse la métaphore jusqu'au bout — ont la faculté de se régénérer dès que quiconque les tranche, ce qui fait que nous ne sommes pas encore sortis de l'auberge.

Publié à 15:24commentaires lien permanent

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Par Thierry Aoudja22 avril 2009publié à 20:02 dans perspectives

Les pirates

Chacun d'entre nous y a songé : peut-on mettre décemment en rapport la nouvelle piraterie numérique — dont la polémique à propos de la loi Hadopi (1) et l'affaire « Pirates Bay » ne sont que les parties visibles — et la brusque recrudescence de la piraterie maritime au large de la Somalie ? Tentative de réponse...

« Act now, tomorrow too late » annonçait le site de Pirates Bay dont les joyeux organisateurs viennent d'être condamnés à un an de prison ferme par un tribunal de Stockholm (Europe). Cette décision de justice, pour le moins ultra médiatisée, satisfera sûrement Pascal Nègre (sorte de corsaire moderne cherchant à thésauriser les derniers roupies de l'ancien monde sédentaire) mais sûrement pas les pionniers du monde nomade si cher à Jacques Attali ; un débat en prime-time entre les deux hommes ne serait d'ailleurs pas de trop !

La piraterie (2) a toujours émergé durant les périodes de forte désaffection ou de fébrilité des états : affaiblissement de l'empire romain dès la fin du Ier siècle av. J.C, fragilité des nouvelles colonies suite à la découverte des « Indes » jusqu'au début du XVIIIe siècle : devra-t-on bientôt y ajouter l'étourdissement des états suite à la crise qui frappa l'humanité au début du XXIe siècle… ?

Selon Gilles Lapouge, le pirate est d'abord « un homme qui n'est pas content (…) qui estiment que l'espace terrestre que lui alloue la société est trop étroit, nauséabond, inconfortable (…), il refuse de jouer le jeu ». Le nouvel espace à conquérir est alors maritime, lieu de non-droit par excellence. Espace maritime soit, mais aussi espace de communication ; les voies maritimes — et bien plus tard de chemins de fer — ne sont-elles pas surtout des voies des communication ?

Ainsi, Internet (ultime réseau de navigation et de communication) devient, en ces temps de turbulence, cet espace refuge — de liberté, de non-droits, de gratuité — qui plus est virtuel ! Internet : terre d'exil pour geeks et autre pirate dans l'âme.

——

(1) Pour détourner la loi, des moyens techniques sont déjà proposés ici

(2) Notons au passage que, selon Wikipedia, le mot « pirate » vient du latin pirata qui signifie : qui tente sa chance, qui entreprend.

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