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Par Thierry Aoudja06 mars 2009publié à 18:01 dans se divertir

Le disque d'or

Deux constats récents (et impitoyables) lus ça et là, sont à mettre en perspective : d'une part, la mort annoncée du CD audio et d'autre part le grand retour du Vinyle. Cette imprévisible régression — du numérique vers l'analogique —, unique dans l'histoire des supports (histoire restant à écrire), ne serait que comique si elle ne démontrait pas, par ailleurs, les erreurs non assumées (et surtout non avouées) des majors vis à vis de l'évolution des médias — à prendre ici dans le sens de « prolongement de nos sens ».

Dernière erreur en date, et non des moindres, leur célèbre refus résistance à intégrer le web dans leurs modèles économiques — sous la houlette de l'implacable Pascal Nègre —, et leur incurable surdité vis à vis des nouveaux usages de la musiquenomadisme, échangisme, individualisme, fétichisme, communautarisme, etc… Le nombre de disques vendus par un artiste restent pour l'industrie musicale l'ultime et seul critère, issu de l'ère préhistorique — celle du disque d'or.

titre

Flickr, Thomas Hawk

Parallèlement, depuis l'invention du Walkman et de son casque ultra léger — vers la fin des années 1970 av. J.C. —, l'homo sapiens n'a jamais autant écouté de musique. Deux raisons à cela, qui n'ont cependant rien d'artistiques : d'une part la pollution sonore — besoin (et non envie) de s'isoler, d'éviter le bruit des autres — et d'autre part le besoin primordial de s'affirmer, de se différencier.

S'isoler et exister à la fois : fâcheuses tendances de notre vie métropolitaine que les opérateurs de téléphonie (eux) ont bien compris qui à travers la mobilité nous vendent plus l'image du baladeur (plus fun, plus nomade, plus individuel) que celle plus vieillote du téléphone ; intelligence et stratégie suprêmes : le succès de l'I-Pod ne servant qu'à ouvrir la voie à celui de l'I-Phone. La musique est désormais à considérer comme un besoin naturel que seule l'industrie musicale n'a pas encore intégré.

(1) Nous avons eu droit dernièrement à toutes sortes d'Etats Généraux — que j'aime qualifier à mes heures d' « Etat généreux » — sauf à ceux de la musique. Il est clair que repris dans les futurs manuels d'histoire la tenue des « Etats Généraux de la musique » ne ferait pas très sérieux… Et pourtant…

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