Par Thierry Aoudja26 mai 2009publié à 11:27 dans communiquer
La tour de Babel
Au siècle dernier, du temps où le monde était encore un village planétaire — disons vers le milieu des années 90 —, on ne parlait que de ça : la prodigieuse puissance encyclopédique d'Internet … L'humanité toute entière pourrait (enfin) atteindre le ciel — ou tout autre nirvana — grâce à l'infinie capacité du World Wide Web à stocker l'intégralité de la somme humaine sur support numérique ; la référence biblique n'était qu'à demi dissimulée…
Aujourd'hui — à peine dix ans plus tard — plus aucun mot de tout ça, plus personne pour positionner la Tour de Babel au centre de l'histoire numérique — exceptés Google, Wikipedia, Ebay et autres collectionneurs —, plus aucun web-concept pour valoriser l'ancien, le démodé (1), plus aucun brainstorming — ou si peu — pour glorifier la mémoire. Seuls quelques pirates électroniques — bientôt privés de lignes — tentent encore de diffuser ça et là notre fond culturel sur les ondes…

Flickr, Oudrun
Pour autant, les annonceurs auraient tout intérêt à célébrer plus souvent leur passé — le plus souvent prestigieux voire mythique — sur la toile, à se fier à leur histoire, à se reposer fortement sur les fondements de leur marque — le fameux ADN ; s'appuyer sur du solide apparait « plus que nécessaire » en ces temps instables…
S'exposer, raconter son histoire, avouer son âge : quelle que soit la marque, la véritable relation avec l'audience est à ce prix… ! Et le World Wide Web reste le terrain le plus favorable à ce coming out devenu nécessaire.
(1) A titre d'exemple, signalons le fragile secteur de la presse dont l'immense majorité du fond encyclopédique reste aux oubliettes, inexploité — et le plus souvent non numérisé — alors que ces archives pourraient (et devraient) justement constituer la part la plus belle de leur fond de commerce.
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