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Cette lune-ci

pleine lune du 7 juillet 2009

03 juillet 2009publié à 09:24 dans se divertir

Vieux jeux

Y'a pas à dire : le décalage, que dis-je le décalage, le gouffre existant entre les institutions et la vraie vie reste — et restera — notre principale source de désolation. A titre d'exemple : la nouvelle loi sur l'ouverture des paris en ligne à la concurrence n'autorisera — côté game — que le jeu de poker… Pfff ! Pourquoi pas le Solitaire, Super Mario ou le Pong tant qu'ils y sont ?!... Le puissant lobbying de La Française des Jeux a visiblement une fois de plus porté ses fruits (1).

Mais la réalité (du jeu) est toute autre : avec 6 millions de consoles de salons, 10 millions de consoles portables — sans parler des mobiles et PC immobiles —, les Français sont devenus joueurs voire multi-joueurs, et en croire les bavardages affichés sur les blogs de "gamers", le jeu de poker ne semble pas être leur principal centre d'intérêt.

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Flickr, ThinhHoang

Il est à parier — si j'ose dire — qu'à l'occasion de la 4ème édition de l'IDEF Expo — Interactive & Digital Entertainment Festival — organisée cette semaine à Cannes, il ne sera pas trop question de poker, mais de gros sous ; 3,4 milliards d'euros pour le seul marché français des jeux interactifs — plus de trois fois celui du disque !

Alors, au diable la vertigineuse dégringolade du chiffre d'affaire de l'industrie musicale (-14% en 2008), l'augmentation de celui des jeux (+18% sur la même période) suffira amplement à nous remonter le moral durant cet été — qui selon la rumeur s'annonce caniculaire, grippal et casanier — donc ludique et culturel (2)

Bonnes lunes estivales, merci à nos désormais 13 500 visiteurs uniques (mensuels), et à très bientôt sur nos lignes (3).

  • --

(1) Question : l'engagement de la Française des Jeux dans le cyclisme — sport dont l'image de probité est pour le moins altérée — est-elle conciliable avec l'organisation de paris ?

(2) A ce propos, durant cet été polychrome, l'agence neo05 vous propose quelques suggestions culturelles.

(3) Prochain numéro : pleine lune du 4 septembre 2009

07 juin 2009publié à 11:35 dans perspectives

Tous journalistes ?

A l'approche de l'été — l'agenda des hommes est ainsi fait —, les élèves de Première et Terminale, tous désormais issus de la « Net génération », sont traditionnellement invités à prouver leur connaissance générale lors des épreuves du baccalauréat.

Cet examen solennel, basé depuis la révolution sur l'aptitude des candidats à mémoriser répéter ce qu'on leur a appris, est-il encore, dans sa forme actuelle, compatible avec les nouveaux usages liés à Internetcette mémoire collective ?

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Flickr, Thomas Hawk

La réponse — comprise dans la question — a été apportée dernièrement par le gouvernement danois qui vient d'autoriser — à titre expérimental — les candidats au baccalauréat à utiliser Internet durant les épreuves. Si ces tests sont concluants, la mesure pourrait être généralisée dès 2011 (au Danemark) ; et sans nul doute, prochainement, dans tout le monde occidental — seuls les pays de cette zone possédant l'équipement technique nécessaire.

Incitée dès lors à apprendre à découvrir — plutôt qu'à apprendre tout court —, à faire sa propre « analyse/synthèse » de l'information — le mot est lâché —, la future génération , dite « génération silencieuse », risque fort de confirmer la tendance lourde d'une génération de journalistes.

05 juin 2009publié à 21:15 dans se divertir

La Caverne

La vision 3D, dite stéréoscopique — dont il sera question dans cet article — fut développée à l'origine par nos ancêtres préhistoriques (les primates arboricoles) du fait de leur mode de vie que l'on pourrait qualifier de « forestier » ; sautiller de branche en branche nécessitait alors une appréciation des distances des plus fiables — sinon aïe ! — que seul un déplacement progressif des yeux vers l'avant — et sa conséquence directe, la vision 3D — pouvait lui fournir.

Cinquante millions d'années plus tard (environ), l'homo sapiens invente le cinéma numérique en 3D ; mythe de la caverne (1) porté désormais à son paroxysme… ou presque (2).

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Flickr, Mydearboy

L'affaire est sérieuse (3)… Restée très longtemps l'apanage des parcs d'attraction et autre champs de foire expérimental (Futuroscope, Disneyland, Géode, Nausicaa,…) — tout comme aux premiers temps du cinéma muet — la 3D s'appuie désormais sur de véritables circuits commerciaux de diffusion numérique. Discrètement — crise oblige —, la révolution visuelle est en marche ; mais comment percevrons-nous dès lors nos bonnes vieilles images en 2D ?

——

(1) L'allégorie de la caverne, exposée par Platon dans ses dialogues (Livre VII, De Républica), est une subtile métaphore sur la pénible avancée des hommes vers la connaissance du monde réel.

(2) Petit détail technique, et non des moindres : les lunettes, accessoire indispensable pour qui veut appréhender correctement la magie du relief. Prêtées gracieusement jusqu'à présent par les exploitants, elles devraient très rapidement être commercialisées ; les opticiens auront un boulevard devant eux le jour où la 3D gagnera les autres écrans : Internet, jeux vidéo, télévisions, téléphone mobile.

(3) DreamWorks Animation a récemment annoncé son intention de produire tous ses films en 3D, l'intégralité des épisodes de Star Wars devraient être bientôt « redimensionnalisés », tandis qu'Orange propose déjà cette année la finale Messieurs de Roland Garros en 3D, et en salle.

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26 mai 2009publié à 11:27 dans communiquer

La tour de Babel

Au siècle dernier, du temps où le monde était encore un village planétaire — disons vers le milieu des années 90 —, on ne parlait que de ça : la prodigieuse puissance encyclopédique d'Internet … L'humanité toute entière pourrait (enfin) atteindre le ciel — ou tout autre nirvana — grâce à l'infinie capacité du World Wide Web à stocker l'intégralité de la somme humaine sur support numérique ; la référence biblique n'était qu'à demi dissimulée…

Aujourd'hui — à peine dix ans plus tard — plus aucun mot de tout ça, plus personne pour positionner la Tour de Babel au centre de l'histoire numérique — exceptés Google, Wikipedia, Ebay et autres collectionneurs —, plus aucun web-concept pour valoriser l'ancien, le démodé (1), plus aucun brainstorming — ou si peu — pour glorifier la mémoire. Seuls quelques pirates électroniquesbientôt privés de lignes — tentent encore de diffuser ça et là notre fond culturel sur les ondes…

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Flickr, Oudrun

Pour autant, les annonceurs auraient tout intérêt à célébrer plus souvent leur passé — le plus souvent prestigieux voire mythique — sur la toile, à se fier à leur histoire, à se reposer fortement sur les fondements de leur marque — le fameux ADN ; s'appuyer sur du solide apparait « plus que nécessaire » en ces temps instables…

S'exposer, raconter son histoire, avouer son âge : quelle que soit la marque, la véritable relation avec l'audience est à ce prix… ! Et le World Wide Web reste le terrain le plus favorable à ce coming out devenu nécessaire.

(1) A titre d'exemple, signalons le fragile secteur de la presse dont l'immense majorité du fond encyclopédique reste aux oubliettes, inexploité — et le plus souvent non numérisé — alors que ces archives pourraient (et devraient) justement constituer la part la plus belle de leur fond de commerce.

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09 mai 2009publié à 00:23 dans communiquer

Le must

La réussite d'une marque sur Internet est proportionnelle à sa capacité à offrir un service dans la « vraie vie ». Pour ne citer que les plus populaires, Google, Yahoo, Facebook, E-bay, Meetic, You Tube, chacune de ces marques nous offre chaque jour un prolongement palpable dans la vie réelle. Et c'est précisément là que se situent leur force et leur succés : être le point de départ d'un acte manifeste dans la vie quotidienne — rencontres, achats, ventes, rumeurs, voyages, loisirs,…

Ces marques-là sont, me direz-vous, les stars du web, des exemples, des exceptions, des curiosités ; pourtant chaque marque en ligne peut appliquer cette règle d'or à sa manière : être le point de départ d'un acte manifeste dans la vie quotidienne.

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Flickr, Britam

Le must étant d'atteindre ce succès (1) sans JAMAIS communiquer dans la « vraie vie » ; personne n'imagine — sans rire — une publicité pour Google ou Facebook dans le métro… Must en terme financier — un minimum de dépenses publicitaires pour un maximum de retours économiques —, must en terme de notoriété — plus d'1 milliard d'internautes depuis 2009 —, must enfin en terme relationnel — la relation restant la véritable richesse d'une marque.

A ce propos (la relation), le baromètre publicitaire publié par l'Association Européenne des Régies Internet (EIAA) annonçait la semaine dernière que « 70% des annonceurs ont décidé de basculer leur budget marketing sur Internet en 2009 ». Il n'est jamais trop tard…

(1) Pour mémoire, chacun de ces sites caracole en tête du hit parade du web — Google annonçant plus d'1 milliard de visiteurs uniques mensuels — 1/4 de la population mondiale de plus de 15 ans —, tandis que Facebook vient de fêter son 200 millionième « abonné ».

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