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Cette lune-ci

pleine lune du 28 février 2010

01 mars 2010publié à 11:21 dans perspectives

Les intouchables

Question du jour, voire du soir : pourquoi l'innovation (nous ne parlerons là que d'innovation ergonomique) est-elle au rendez-vous des nouveaux écrans (mobiles et tactiles), et dans le même temps, désespérément oubliée par les autres écrans (fixes et intouchables) ? Ou, pour affiner la question : pourquoi l'ergonomie de l'Iphone — et plus généralement celle de nos nouveaux amis : les smartphones —, est-elle supérieure à bien des égards à celle des vieux PC ?

Est-ce la contrainte « taille » (dont nous avons déjà parlé ici ), contrainte que connaissent très bien les résidents d'appartements exigus, et qui nous rappelle que « moins on a de place, plus on a besoin de s'organiser » ? Est-ce dû au flagrant rajeunissement de la cible qui appréhende dès lors avec plus d'aisance les mutations et les règles du jeu des médias émergents ? Ou est-ce tout simplement la maturité de nos ergonomes, seniors et vieillissants, désormais conscients de leurs multiples retours sur expérience ?

titre

Flickr, Breibeest

Sans doute, un peu des trois à la fois (taille de l'écran, rajeunissement de la cible, retours sur expérience), mais il s'agit par dessus tout, de la volonté désormais affichée des fabricants de permettre à toutes les audiences d'accéder sans contrainte à la nouveauté… Dessein à la fois mercantile et démocratique… comme tout un chacun.

Exit donc le temps d'une gratuité résolument ésotérique, imposé par le nerd (1) — prononcer neurde.

A suivre certainement…

(1) Est-ce bien un hasard si Bill Gates en est un des plus célèbres représentants ?

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20 février 2010publié à 21:21 dans communiquer

Brazil

Dès l'invention du CD-Rom, au début des années 80 (1), les firmes de l'électronique (Philips, Sony, Hitachi) nous ont vendu le numérique comme, entre autres, le stade ultime du stockage (sécurisé et éternel), la forme la plus aboutie de l'archivage des données depuis l'invention du papyrus ; à la longue, répétaient-elles, le papier moisit, le magnétique s'use, le vinyle se raie, mais le bit restera intact devant l'Eternel ! Soit...

Malgré ces charmantes prophéties, par les temps qui courent, il semblerait qu'il soit plus facile de mettre la main sur la version originale de l'encyclopédie de Diderot et D'Alembert in folio en 17 volumes datée de 1772, ou sur un vinyle de musique cajun des années 30, que d'accéder au site Internet de La Redoute millésimé 1997. Essayez pour voir… !

Pour remédier à ce léger désagrément, depuis le 1er aout 2006, la loi française (2) a obligé la BnF à « collecter, conserver et communiquer les sites Internet du domaine français au titre du dépôt légal » ; en clair, les petites mains de BnF ont une (nouvelle) mission : celle de moissonner (sic), et d'aspirer le web français. Sage initiative — qui ne règlera pas pour autant l'impossibilité d'accéder aux sites Internet autochtones d'avant 2006 — les meilleurs ;-) —, perdus à tout jamais dans l'océan numérique (3).

Autre complication, et non des moindres, la majorité des sites, aspirés par les gentils « robots institutionnels », ne sont consultables (dans un premier temps) que sur place, c.a.d. Quai François-Mauriac 75706 Paris Cedex 13 (Métro Ligne 14), et nulle part ailleurs…! L'homme de la rue, contribuable à merci, aurait aimé mieux : par exemple, pouvoir les consulter de chez lui, ou, soyons fous, de son smartphone à la terrasse du café du coin.

Alors pour cela, on se rabattra sur Archives, initiative privée US — qui plus est since 1997.

(1) Le premier CD-Rom commercialisé en aout 1982 fut The Visitors du groupe ABBA.

(2) Loi n°2006-961 du 1 août 2006 relative au droit d'auteur et aux droits voisins dans la société de l'information

(3) Mais où est donc passé le site de Libération que nous (neo05) avions soigneusement conçu en 2003 ? Toujours dans la rubrique « Avis de décès », signalons la récente disparation de notre amie Zazieweb, magazine littéraire désormais perdu en haute mer.

12 février 2010publié à 16:49 dans communiquer

Le tactile

Selon les préhistoriens, l'une des aptitudes propre à l'homme — et qui a fait de lui le dominant que l'on sait — serait sa formidable dextérité, son infinie capacité de préhension dotée d'un sens tactile hors du commun ; aptitude qui le distinguera irrémédiablement de l'animal et lui permettra bien plus tard d'entrer de plain-pied dans l'ère technologique.

Il n'est pas étonnant alors qu'un des principaux champs d'investigation de la science ergonomique soit consacré aux usages de la main, au sens tactile. Pas de doute, la tendance lourde « écrans tactiles » est tout sauf un hasard ; elle est même la conclusion naturelle de l'histoire de la relation homme/outil...

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Flickr, Lantherev

Or précisément dans ce domaine (les écrans tactiles), la limite d'innovation reste — et restera — liée à la grosseur de nos doigts (environ 1 cm carré) et à la précision de notre vue (baissante à partir de 40 ans). Résultat : le marché des smartphones — réservé jusque là aux jeunes urbains « addict » et autres geeks — ne pourra jamais parvenir à maturité sans la prise en compte de ces deux facteurs morphologiques (1).

Et pour arriver à maturité, un marché ne peut être éternellement réservé à une seule catégorie de population — ici les jeunes aux petits doigts et à la vue perçante — fut-elle fortement consommatrice… Apple l'a bien senti en lançant l'Ipad, clone de l'iPhone version senior.

Seul problème, et non des moindres, désormais l'appareil ne contient plus dans la poche d'un être humain de taille normale, fut-il senior...

(1) Rien d'étonnant à ce que l'ouïe — via la musique — soit le sens mis en avant par les publicitaires de tout poils pour vanter les mérites de l'iPhone, étant donné que ce sens n'exige aucune contrainte physique... ou presque.

26 janvier 2010publié à 18:47 dans business

Le Premium

Peu à peu — n'oublions pas que nous ne sommes qu'à la préhistoire de l'âge numérique — une tendance lourde et irrémédiable est en train de se dessiner dans le secteur des nouveaux médias, et en particulier dans le domaine de la presse ; tendance que nous qualifierons de semi-payant (1) — ou semi-gratuit pour les plus optimistes d'entre vous — et qui consiste tout simplement à ouvrir une zone payante — le plus souvent baptisée Premium — au beau milieu de la gratuité.

Pour autant, « pas question de substituer le payant au gratuit » prenait bien garde de préciser Le Figaro à propos de sa prochaine version semi-payante annoncée l'été dernier pour janvier 2010 (2).

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Flickr, Kwanz

Notons au passage que les plus visionnaires d'entre nous avaient pressenti (et annoncé) cette tendance (le payant) dès le début des années 2000, mais hélas, à cette époque (étrangement si lointaine), le média n'était, dit-on, pas assez crédible.

Or depuis quelques temps, c'est l'accélération ; la récente évolution des usages (boostés par le mobile) alliée à la chute vertigineuse des revenus publicitaires semble avoir donné de l'audace aux plus réticents.

Reste à savoir ce que doit contenir la fameuse zone Premium, ou autrement dit : que faut-il vendre (3) ? A mon humble avis, les applications de type service composeront le noyau central de l'offre. Et à ce jeu-là, la parfaite connaissance des usages de sa cible sera un atout précieux.

(1) La presse en ligne n'est pas la seule à oser briser le tabou de la gratuité : Deezer, Viadeo et Skype, pour ne citer qu'eux, ont opté dernièrement pour le modèle semi-payant.

(2) En ce qui concerne la presse, un certain retard dans le calendrier peut être d'ores et déjà annoncé ; on ne passe pas bi-média si aisément, et de nouvelles structures doivent d'abord être mises en place en interne (organigramme ?).

(3) Les solutions envisagées actuellement par la plupart des titres nationaux tournent autour de la sempiternelle newsletter plus ou moins enrichie ou de la lecture autorisée du journal papier au format numérique (PDF). Pas de quoi déchainer les foules...

15 janvier 2010publié à 12:46 dans perspectives

Le temps du doute

Si l'on en croit la rumeur (populaire, médiatique), le thème de l'innovation — qui semblait promis à grand avenir — ne sera plus abordé de la même manière dans les années à venir. Pour preuve, le traditionnel cortège d'annonces à propos des nouveautés technologiques présentées lors du Consumers Electronics Show qui s'est tenu le week-end dernier à Las Vegas, est cette fois ponctué d'incertitudes, de perplexité, voire de défiance. « La tablette tactile retente sa chance en 2010 » titrait austèrement le Figaro dans ses pages Technologies ; là où il y a quelques années seulement, on aurait parlé de révolution numérique.

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Flickr, ThinhHoang

Cette précaution d'usage, si je puis dire, en dit long sur la méfiance qui accompagnera désormais toute invention high tech. Depuis quelques mois, cette suprématie de l'innovation (purement technologique) s'est vue brutalement concurrencée par de nouvelles ambitions plus modestes et plus pratiques à la fois, basées sur les véritables usages des consommateurs et sur la notion de service — parfaitement imposée concrétisée par les Iphone Apps… Souvenons-nous que nous sommes d'abord une société de service (1).

Nous irions ainsi progressivement vers une innovation plus « réfléchie » (plus lente donc), incluant le temps du doute dont nous parlions ici il y a quelques jours. En quelque sorte, une innovation plus cartésienne (2), mais également plus lucrative.

Très belles années 10 à vous !

(1) Développer la notion de service, tant délaissée depuis l'invention du web, permettrait très naturellement d'associer un prix à ce service.

(2) La méthode de Descartes commence en effet par la mise en doute systématique de toutes les connaissances qui nous semblent à priori évidentes.

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