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Cette lune-ci

pleine lune du 30 janvier 2010

26 janvier 2010publié à 18:47 dans business

Le Premium

Peu à peu — n'oublions pas que nous ne sommes qu'à la préhistoire de l'âge numérique — une tendance lourde et irrémédiable est en train de se dessiner dans le secteur des nouveaux médias, et en particulier dans le domaine de la presse ; tendance que nous qualifierons de semi-payant (1) — ou semi-gratuit pour les plus optimistes d'entre vous — et qui consiste tout simplement à ouvrir une zone payante — le plus souvent baptisée Premium — au beau milieu de la gratuité.

Pour autant, « pas question de substituer le payant au gratuit » prenait bien garde de préciser Le Figaro à propos de sa prochaine version semi-payante annoncée l'été dernier pour janvier 2010 (2).

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Flickr, Kwanz

Notons au passage que les plus visionnaires d'entre nous avaient pressenti (et annoncé) cette tendance (le payant) dès le début des années 2000, mais hélas, à cette époque (étrangement si lointaine), le média n'était, dit-on, pas assez crédible.

Or depuis quelques temps, c'est l'accélération ; la récente évolution des usages (boostés par le mobile) alliée à la chute vertigineuse des revenus publicitaires semble avoir donné de l'audace aux plus réticents.

Reste à savoir ce que doit contenir la fameuse zone Premium, ou autrement dit : que faut-il vendre (3) ? A mon humble avis, les applications de type service composeront le noyau central de l'offre. Et à ce jeu-là, la parfaite connaissance des usages de sa cible sera un atout précieux.

(1) La presse en ligne n'est pas la seule à oser briser le tabou de la gratuité : Deezer, Viadeo et Skype, pour ne citer qu'eux, ont opté dernièrement pour le modèle semi-payant.

(2) En ce qui concerne la presse, un certain retard dans le calendrier peut être d'ores et déjà annoncé ; on ne passe pas bi-média si aisément, et de nouvelles structures doivent d'abord être mises en place en interne (organigramme ?).

(3) Les solutions envisagées actuellement par la plupart des titres nationaux tournent autour de la sempiternelle newsletter plus ou moins enrichie ou de la lecture autorisée du journal papier au format numérique (PDF). Pas de quoi déchainer les foules...

15 janvier 2010publié à 12:46 dans perspectives

Le temps du doute

Si l'on en croit la rumeur (populaire, médiatique), le thème de l'innovation — qui semblait promis à grand avenir — ne sera plus abordé de la même manière dans les années à venir. Pour preuve, le traditionnel cortège d'annonces à propos des nouveautés technologiques présentées lors du Consumers Electronics Show qui s'est tenu le week-end dernier à Las Vegas, est cette fois ponctué d'incertitudes, de perplexité, voire de défiance. « La tablette tactile retente sa chance en 2010 » titrait austèrement le Figaro dans ses pages Technologies ; là où il y a quelques années seulement, on aurait parlé de révolution numérique.

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Flickr, ThinhHoang

Cette précaution d'usage, si je puis dire, en dit long sur la méfiance qui accompagnera désormais toute invention high tech. Depuis quelques mois, cette suprématie de l'innovation (purement technologique) s'est vue brutalement concurrencée par de nouvelles ambitions plus modestes et plus pratiques à la fois, basées sur les véritables usages des consommateurs et sur la notion de service — parfaitement imposée concrétisée par les Iphone Apps… Souvenons-nous que nous sommes d'abord une société de service (1).

Nous irions ainsi progressivement vers une innovation plus « réfléchie » (plus lente donc), incluant le temps du doute dont nous parlions ici il y a quelques jours. En quelque sorte, une innovation plus cartésienne (2), mais également plus lucrative.

Très belles années 10 à vous !

(1) Développer la notion de service, tant délaissée depuis l'invention du web, permettrait très naturellement d'associer un prix à ce service.

(2) La méthode de Descartes commence en effet par la mise en doute systématique de toutes les connaissances qui nous semblent à priori évidentes.

17 décembre 2009publié à 14:15 dans communiquer

L'an 10

Alors que la première décennie du troisième millénaire — que l'on a souvent intitulée ici « les années double zéro » — s'achève dans quelques jours, revenons un instant sur la tendance lourde qui marquera cette période, du moins sur le plan médiatique : je veux parler du Web 2.0, que l'on pourrait résumer par « l'interaction permise (désirée ?) de l'Autre dans sa propre sphère numérique », ou dit autrement, « l'ouverture au marché du concept d'intimité ». Car que l'on soit un groupe, une marque, un média ou un simple individu, il s'agit bien là d'une privatisation de l'intime — et paradoxalement de sa privation (1).

En effet, du triomphe des blogs (journaux intimes par excellence) à la « vague» people ( le populisme de l'intime) sans oublier l'éclatante destinée de Facebook (l'instrumentalisation de l'intime), les usages des nouveaux médias n'ont fait ces derniers temps que « canoniser le Moi » sur la toile...

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Flickr, Infollatus

Les années 10 suivront-t-elles cette vague intimiste ? Rien n'est moins sûr... On perçoit ça et là de nombreuses déceptions voire pire ; oh, rien de très grave pour l'instant : de simples rumeurs dans les salles de presse (marre des commentaires des internautes !) ou dans les couloirs des agences de com' (à quoi sert VRAIMENT ce blog ?). Sans compter que l'usage réel du grand public ne suit pas toujours la tendance...

Pour ma part, je ne serais pas surpris qu'un temps d'arrêt soit nécessaire avant de tester d'autres concepts plus « utiles », reposants, et finalement plus sociaux...

(1) Une idée de cadeau pour Noël : La Privation de l'intime, de Michael Foessel, éditions du Seuil.

(2) Les anti-Facebook seront-ils un jour plus nombreux que les pro-Facebook ? Car n'oublions pas cette règle d'or : seuls 10% des internautes contribuent à 90% du trafic, et les réseaux sociaux ne sont pas épargnés par cette loi.

01 décembre 2009publié à 12:16 dans se divertir

Chaud biz

La radio, ce tam tam tribal comme se plaisait à la définir Marshal Mac Luhan, provoque depuis toujours en nous un sentiment d'immersion profonde ; de la propagande politique (du siècle dernier) à l'immortel bulletin météo, du courrier du cœur (Allô Macha) au célèbre canular d'Orson Welles, la radio envoute, touche les gens dans leur intimité la plus profonde, crée une relation « one to one » entre le speaker-gourou et l'auditeur : écouter la radio est d'abord une expérience privée.

D'après la définition de Mc Luhan, la radio est le média chaud par excellence, c'est-à-dire qu'elle ne s'adresse qu'à un seul de nos sens, en « haute définition » (1), touchant ainsi aux plus hautes sphères subliminales de notre être (ego). Et le passage au tout numérique ne changera rien à cela ; au contraire il ne fera qu'améliorer la (très haute) qualité de diffusion du message et par là même son degré d'envoutement.

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Flickr, QuintanaRoo

Prévue dès 2010, la montée en puissance des webradios (on en dénombre déjà aujourd'hui entre 50 et 70 000 dans le monde) pourrait modifier la donne. En effet, les investisseurs devraient tenir compte de ce facteur (la magie du « one to one ») s'ils ne souhaitent pas voir ce « support » perdre irrémédiablement cette chaleur relationnelle, ce potentiel d'envoutement qui en fait (encore) le média préféré du public. L'intégration de l'image (désormais permise) la déposséderait, si je puis dire, de son pouvoir magique, la transformant alors en « vulgaire » média froid.

(1) Selon Mc Luhan, les médias chaud ne laissent à leur audience que peu de « blanc » à remplir, et par conséquent découragent toute participation. A l'inverse, les médias froids, touchant plusieurs sens à la fois, encouragent la participation du public dans un espace ouvert, ; Internet étant aujourd'hui le modèle absolu du média froid.

Publié à 12:16commentaires lien permanent

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29 novembre 2009publié à 19:18 dans perspectives

Dans un fauteuil

Attention cet article risque d'être encore valable pendant 10 ans (ndlr)

Le petit écran — ancêtre vénérable de la famille « écran » — dont les seules évolutions appréciables restent jusqu'à présent la diminution de son épaisseur ( jusqu'à 3 mm) au profit de l'accroissement de la taille de sa diagonale ( jusqu'à 150 pouces, soit 3,81 m !), le petit écran donc, évoluera-t-il (un jour) vers un peu plus d'interactivité ? ou restera-il figé dans son rôle de diffuseur égoïste et égocentrique ? Le récent passage au tout numérique donnera-t-il un nouveau souffle à l'aïeul ? Enfin, et surtout, l'arrivée prochaine de la télévision interactive — annoncée depuis plus de dix ans — nous ramènera-t-elle vers le doux confort du canapé ?... Rien n'est moins sûr (1) !

A la lecture de quelques articles récents sur le sujet, on pourrait se croire dans les « années double zéro » (2) ; vous savez, l'époque bénie où tout était permis — du moins dans nos pires rêves numériques.

Mais la réalité est bien plus brutale ; armé de la vilaine télécommande Numéricable, il est déjà assez pénible d'accéder au guide des programmes — la plupart du temps non rempli par les chaînes —, alors imaginez lorsque le petit écran offrira la panoplie des services annoncés : news, VOD, shopping, jeux d'argent, radio, publicité, météo et autres widgets — en fin de compte les mêmes services qu'Internet … mais en plus lent...

Pourtant qu'il serait doux un jour de « surfer dans un fauteuil » ? Question d'ergonomie !

(1) La TNT est à la télévision ce que le Minitel fut au web : une cause de retard !

(2) Dans les années 2000, la perspective de voir les frigidaires parler n'effrayait personne.

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